Je me souviens très bien de cette femme assise en face de moi. Elle venait de vivre une séparation après plus de dix ans de relation. Elle avait déjà tout expliqué à ses proches, elle avait “compris” ce qui s’était joué… et pourtant, quelque chose en elle restait figé.
Après un long silence, elle a dit : « Ce qui me fait le plus peur, ce n’est pas d’être seule… c’est de ne plus jamais me sentir vivante. »
Cette phrase, je l’entends souvent. Et elle dit tout de ce que traverse une femme après une rupture amoureuse. Parce qu’une séparation ou un divorce ne brise pas seulement un lien. Il vient souvent couper l’élan vital, la joie spontanée, la sensation d’être pleinement soi.
Pourquoi une rupture amoureuse fait si mal (même quand on sait que c’était nécessaire)
Dans ma pratique de psychopraticienne, je rencontre beaucoup de femmes qui me disent : « Je sais que cette relation ne me convenait plus », « Je sais que j’ai pris la bonne décision. » Et pourtant, elles souffrent intensément.
Pourquoi ?
Parce qu’une rupture n’est pas seulement une décision rationnelle. C’est une perte multiple :
-
perte d’un lien affectif
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perte d’une identité construite à deux
-
perte d’un futur imaginé
-
parfois, perte d’un sentiment de sécurité profond
Même quand la relation était difficile, le corps et le cœur ont besoin de temps pour intégrer la séparation.
Le deuil après une rupture : ce que je vois vraiment sur le terrain
On parle souvent des “étapes du deuil”, mais dans la réalité, rien n’est linéaire.
Les femmes que j’accompagne oscillent entre :
-
des moments de soulagement
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des vagues de tristesse inattendues
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de la colère, parfois dirigée contre l’autre, parfois contre elles-mêmes
-
un grand vide, difficile à nommer
Certaines me disent :
« Une semaine, je me sens forte. La suivante, j’ai l’impression de m’être perdue. »
Ce n’est pas un échec. C’est le signe que quelque chose de profond est en train de se réorganiser.
Se reconstruire après une séparation : ce que cela veut vraiment dire
Se reconstruire ne signifie pas :
-
oublier
- tourner la page rapidement
-
“passer à autre chose”
- Se reconstruire, c’est réhabiter son monde intérieur après qu’il a été bouleversé. C’est accepter de regarder :ce qui a été abîmé
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ce qui s’est refermé
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ce qui demande aujourd’hui plus de douceur
Je le dis souvent : le temps seul ne suffit pas toujours. Ce qui aide, c’est l’espace que l’on s’autorise pour ressentir, dire, déposer.

Pourquoi rester seule avec sa douleur complique la reconstruction
Beaucoup de femmes essaient d’être fortes. Elles continuent à travailler, à s’occuper des autres, à “tenir”. Mais à l’intérieur, quelque chose reste en suspens. Ce que j’observe, c’est que tant que la douleur reste silencieuse, elle continue d’agir :
-
sous forme de fatigue
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de ruminations
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de peur de l’avenir
-
ou d’un sentiment diffus de déconnexion à soi
À l’inverse, quand une femme se sent entendue sans être corrigée, quelque chose commence à se relâcher.
L’histoire revient : le moment où tout a basculé
Cette femme dont je vous parlais au début, je lui ai répondu simplement :
« Et si ce que vous traversez n’était pas un problème à résoudre, mais un passage à traverser accompagnée ? »
Ce jour-là, elle a pleuré. Pas parce qu’elle allait mieux, mais parce que, pour la première fois depuis la rupture, elle ne se sentait plus seule avec ce qu’elle vivait. C’est souvent à cet endroit précis que la reconstruction commence.
Retrouver la joie de vivre après une rupture : pas en forçant, mais en s’autorisant
La joie de vivre ne revient pas parce qu’on se dit qu’il faut aller mieux. Elle revient quand :
-
la douleur a été reconnue
-
l’histoire a été accueillie sans jugement
-
la femme peut à nouveau sentir qu’elle a une place, un élan, une valeur
Beaucoup découvrent alors une version d’elles-mêmes plus consciente, plus ancrée, plus vivante.

Pourquoi j’ai créé un cercle de parole après une séparation ou un divorce
Avec le temps, j’ai compris que certaines étapes de vie ne se traversent pas seules. C’est pour cela que j’ai créé un cercle de parole pour les femmes en reconstruction après une séparation ou un divorce. Un espace où :
-
vous n’avez rien à expliquer
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vous n’avez pas à être forte
-
vous pouvez déposer ce qui est encore là, même si c’est confus
Un espace pour laisser la reconstruction se faire à ton rythme, soutenue par la présence d’autres femmes et par un cadre sécurisant.
Le 26 janvier 2026 à 20H30, j’anime un cercle dédié à cette étape si délicate de la vie. Si en lisant ces lignes vous vous êtes reconnue, si quelque chose a résonné en vous, c’est peut-être que vous n’avez plus besoin d’avancer seule. Pour découvrir mes cercles de parole, c’est ici : Cercle de Sororité
S’il y a un message que j’aimerais vous laisser, c’est celui-ci :
Ne cherchez pas à aller mieux trop vite.
Cherchez d’abord à être vraie avec ce que vous ressentez.
La joie de vivre ne renaît pas contre la douleur. Elle renaît quand la douleur a été reconnue, partagée et accompagnée. Et parfois, le premier vrai pas de reconstruction, c’est simplement d’oser dire : « J’ai besoin d’un espace pour traverser cela autrement. »

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